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« Automatisation, numérisation et emploi » au XXI° siècle

Le Conseil d’orientation pour l’emploi a publié les résultats de son étude sur l’exposition des salariés français à l’automatisation.

Selon les auteurs de cette étude, moins de 10% des emplois cumulent des vulnérabilités qui pourraient en menacer l’existence dans un contexte d’automatisation et que la moitié des emplois existants pourrait voir son contenu notablement ou profondément transformé.

Si les révolutions technologiques successives se sont accompagnées jusqu’à présent d’un développement de l’emploi, l’automatisation et la numérisation – des technologies interdépendantes qui se déploient avec des effets démultiplicateurs au-delà de la stricte production de biens et services – alimentent des peurs autour d’un « futur sans emploi ». Des études récentes ont estimé qu’une part massive des emplois existants pourrait être menacée de disparition.

Le Conseil a voulu aborder cette question centrale pour l’économie et pour notre pacte social, pour éclairer le débat public et la décision publique.

Alors que les études existantes se focalisent uniquement sur les « destructions d’emplois », le Conseil a voulu approfondir l’analyse et embrasser l’ensemble des défis mais aussi des opportunités de la révolution technologique en cours. Dans ce premier tome, il analyse les effets possibles du progrès technologique sur le volume de l’emploi (en termes de disparitions mais aussi de créations), mais aussi les effets sur la structure de l’emploi (quels sont les métiers et les secteurs les plus concernés ? comment les métiers sont-ils appelés à évoluer ? quels types de compétences seront à l’avenir les plus recherchées ?) et sa localisation, à la fois à l’échelle nationale (quelles pourraient être les zones d’emploi les plus concernées ?) et internationale (les technologies pourraient-elles favoriser un mouvement de relocalisation des emplois en France ?).

Notre lecture :

Imaginons que l’on ait écrit un tel rapport au XIX° siècle : le développement du train aurait provoqué la disparition des emplois non qualifiés de transport. Que dire de la disparition des chandelles avec l’arrivée de l’électricité et pourquoi pas des lavandières avec la machine à laver le linge. Les porteurs d’eaux face à l’eau courante à tous les étages ! etc.

Et pourtant, ce sont les pays qui ont prix le plus vite tous ces tournants qui ont aujourd’hui le moins de chômage.

La réponse est dans la création de nouvelles activités, l’emploi est aujourd’hui dans l’aéronautique et l’automobile : inimaginable au XIX° siècle !

Et le rôle de l’Etat est d’accompagner ces nouvelles activités afin qu’elles puissent se développer dans des conditions de liberté et de vie sociale acceptables et adaptées.

La vraie question est de maîtriser l’ubérisation qui conduit pour l’instant à un transfert de marge vers le siège social de la société, marge construite avec des personnes sous-rémunérées en France.

En d’autres termes, si on ne veut pas transformer les chauffeurs de taxi actuels qui constituent une retraite sous forme de cotisations et surtout de valorisation de leur licence, en des auto-entrepreneurs sans réelle retraite (et qui paiera le jour venu ?), il faut ajuster la souplesse d’embauche et de statut avec un minimum de partage intelligent de la marge. Ce pourrait être une caisse de réserve compensant la faible cotisation à laquelle devraient abonder toutes les sociétés étrangères qui font travailler des auto-entrepreneurs.

Consulter le rapport et la synthèse

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