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La Carte de l’Innovation Européenne de la Commission, n’est hélas pas le territoire !

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La Commission Européenne publie un bilan de son action de soutien régional à l’innovation, sous forme d’une COMMUNICATION à destination du Parlement, du Conseil, du CESE et du Comité des Régions  sur la politique d’innovation. Manifestement, le sujet est bien connu et largement cartographié. Sauf qu’on ne comprend pas comment fonctionne ce grand « dispositif  innovant ». En d’autres termes, la carte n’est pas le territoire et l’inventaire n’est pas une mode d’emploi ! Quelques exemples :

1 – Nous pensons que les « SMART specialisations strategies »(1) semblent les dignes descendantes des plans régionaux de la DATAR. La « Plateforme de spécialisation intelligente »  est dans la lignée du comité interministériel d’aménagement et de développement du territoire (CIADT). C’est bien. Mais il faudrait tirer la conclusion de ce qui se passe dans d’autres économies et que l’on dénomme « clusters(2) ». C’est moins technocratique, … et semble plus efficace. Il faudrait mettre en place des politiques d’accompagnement des dynamiques locales, c’est-à-dire des entrepreneurs locaux et pas seulement des opinions des dirigeants politiques régionaux ! Les clusters sont avant tout une constatation, éventuellement une coordination et non pas une construction ab nihilo (ou presque) !

2 – Associer de façon mécanique les termes de recherche et d’innovation, voire de croissance est une erreur. Camus disait que « mal nommer les choses, c’est accroître le malheur du monde ». C’est le fonds de notre réflexion sur la politique d’innovation et ce nouveau rapport ne nous réconforte pas. Croire que l’effort de recherche permettra d’accélérer l’innovation est malheureusement faux – L’URSS l’a démontré, mais aussi le PARC de XEROX qui n’a rien développé en interne. Dans bien des cas, cela ne donne rien; dans quelques cas, cela permet de vendre notre blé en herbe (voir l’article du Président de SOTI / Canada) en cédant trop tôt une entreprise insuffisamment développée. Et il est rare que la recherche conduise rapidement à une innovation complète, développée et créatrice d’une forte richesse locale. L’aéronautique créée par une France avant-gardiste du début du XX° siècle, n’est devenu réellement profitable qu’avec Airbus dans les années 80, après des décennies de soutiens et de volonté politique et entrepreneuriale.

3 – Essayons de réguler la Chaîne de Valeur de l’innovation plutôt que de gérer l’innovation ! Lançons une politique de l’innovateur plutôt qu’une politique de l’innovation. La vraie institution innovante, c’est l’innovateur et non pas un enchevêtrement de subventions et de contrôles ! L’innovateur est à la fois l’inventeur de l’innovation, et son moteur. C’est vers lui que doivent s’orienter toutes les politiques d’innovation. Qu’il soit entrepreneur ou intrapreneur. Or l’ensemble du Bilan de la Commission ne parle que de structure, de rapports ou de système.

4 – Certains États américains comme le Delaware s’efforcent de mettre en oeuvre un PPP pour prendre en charge ces fonctions d’innovation ou de simples « business development ». Il faudrait s’interroger sur une telle démarche en Europe.

 

RAPPORT – Renforcer l’innovation dans les régions d’Europe: stratégies pour une croissance résiliente, inclusive et durable – Télécharger

RAPPORT – Document de réflexion sur la maîtrise de la mondialisation – COM(2017) 240 final.- Télécharger

RAPPORT – Les dix priorités de la Commission Juncker – Mi 2016 – Télécharger

(1) Certains sont plus critiques et parle du sommet de l’interventionnisme auto-suggestif : on décide de décider, mais on ne sait pas quoi et après on demande à la « base » de vous aider à lire dans le marc de café !

(2) Etrangement, l’OCDE qui en avait fait son « cheval de bataille » dans les années 90 n’en parle plus guère.

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