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Conclusions du rapport Stern sur l’évaluation de la recherche britannique

Les conclusions de l’étude indépendante sur l’excellence de la recherche et son exercice d’évaluation (le Research Excellence Framework), appelée la « Stern review » et commanditée par Jo Johnson, le secrétaire d’état à la science et aux universités, en novembre 2015, ont été publiées.

Ce travail rend compte de l’état de la recherche et de l’enseignement supérieur britannique et émet des recommandations pour améliorer cet outil.

La revue souligne les principales raisons du succès du Royaume-Uni en matière de recherche :

  • Le mode de financement de la recherche basé sur la qualité des projets de recherche (competitive grant funding) ;
  • L’attribution de financements sur le long terme, permettant aux universités de dresser un budget.

Ce modèle choisi par le Royaume-Uni nécessite un outil de contrôle. C’est le rôle donné successivement au Research Assessment Exercice jusqu’en 2013 puis au Research Excellence Framework en 2014 ; s’il est nécessaire, un tel processus n’en reste pas moins onéreux avec un budget de 246m£ en 2014 (soit 3.5 fois le budget de 2008).

Ce travail de recherche a pour mission de répondre à la question suivante : comment faire pour que cet outil soit plus efficace et moins coûteux ?

Les auteurs de cette étude ont examiné différents aspects :

  • L’intérêt et les bénéfices apportés par le REF ;
  • Les problèmes du système actuel ;
  • Les recommandations souhaitables pour une version future ;
  • Le devenir du REF au sein de la nouvelle structure de la recherche et de l’innovation : UKRI.

Le panel de la « Stern Review » a proposé un certain nombre de recommandations pour améliorer l’outil :

  1. L’exercice du REF doit concerner l’ensemble du personnel académique ;
  2. La production scientifique doit être soumise de manière globalisée ou en groupe par unité de recherche ;
  3. La production scientifique doit rester rattachée à l’unité dans le cadre de cet audit (cas ou un chercheur quitte l’établissement) ;
  4. L’évaluation doit se faire sur la base du système de « peer-review » ;
  5. Les unités doivent montrer leurs actions collaboratives et interdisciplinaires, ceci en soumettant les résultats issus de projets multidisciplinaires ;
  6. L’impact doit être établi en fonction de la qualité de la recherche ;
  7. L’impact ne doit pas être limité à la recherche en elle-même, mais doit aussi prendre en compte l’impact politique, de vulgarisation, culturel, d’enseignement et l’impact possible sur des disciplines connexes ;
  8. L’évaluation doit tenir compte de la stratégie de recherche (future) de l’établissement
  9. Les données et paramètres du REF doivent être harmonisés avec les autres organismes de financement de la recherche afin de faciliter les échanges et diminuer les coûts ;
  10. Le gouvernement et l’UKRI doivent faire un usage plus imaginatif et stratégique du REF pour mieux suivre la « santé » de la recherche et donc permettre des investissements plus judicieux ;
  11. Le gouvernement doit faire en sorte qu’il n’y a pas de charge administrative supplémentaire entre le Teaching Excellence Framework (TEF) et le REF pour ainsi optimiser les échanges entre l’enseignement et la recherche dans les HEI (Higher Education Institutions).

Ces recommandations constituent, selon les auteurs de l’étude, un tout destiné à optimiser l’efficacité de l’outil REF et à intégrer cette évaluation dans un contexte plus large.

Notre analyse :

En matière scientifique, on ne sort pas du système de revue par les pairs, éventuellement par l’intermédiaire des publications scientifiques. Pas très scientifique, du simple point de vue statistique.

Les universités britanniques (comme beaucoup d’autres en Europe) sont excellentes en matière de recherche … ce n’est pas nouveau et c’est vrai en France, en RFA, en Italie, en France et ailleurs. Mais cela ne donne pas de règles pour gérer la création-disparition des labos. Ni les allocations de crédit ?

Pour améliorer la qualité (estimée par les pairs bien sûr), faut-il organiser la gestion autour de personnalités ou sur la notion de système ? Le labo est-il une machine à découvrir ou l’outil d’un ou quelques « cerveaux » ?

La réponse est naturellement celle de Fernandel sur le fût du canon :  » Ça dépend !  »

Inversement, chacun peut remarquer que les entreprises qui font appel à des labos universitaires se trompent rarement d’adresse et que dans ce cas, il n’y a pas de biais statistique (sauf l’amour de l’argent). Donc, il faudrait inclure dans un indicateur de qualité des laboratoires, un indice de travail avec l’industrie comme marqueur de qualité de la recherche fondamentale. Un peu trop révolutionnaire ? Pas tant que cela. Et surtout incontestable.

Mais il ne faut pas oublier la qualité « intrinsèque » de la recherche fondamentale qui peut faire l’objet d’une revue de publication (pas si bon que cela) mais aussi une prise en compte de la participation du laboratoire à l’élaboration des concepts clés de la science et de la technique d’aujourd’hui. Difficile à faire ? Oui, mais pas impossible.

L’embêtant dans tout cela est que les génies vont souvent à contre-courant !

Consulter le rapport « Research Excellence Framework (REF) review: Building on success and learning from experience »

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