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Espagne : un pacte pour la recherche qui fait presque l’unanimité

Après une année 2013 qualifiée d’ « année de survie » pour la communauté scientifique, la confédération des sociétés savantes espagnoles (COSCE) négocié avec l’ensemble des partis politiques un a obtenu la signature d’un « accord parlementaire pour la recherche, le développement et l’innovation » le 19 décembre dernier.

Ce document, s’appuyant sur les derniers chiffres publiés par l’Institut National de Statistique, qui font état d’une nouvelle baisse de la dépense de R&D en Espagne en 2012 et de la faiblesse des engagements budgétaires en 2013 et 2014, appelle à un renouveau de la politique en faveur de la recherche, du développement et de l’innovation. Il reprend à son compte les quatre exigences formulées par le collectif « Carta por la Ciencia » qui a organisé tout au long de l’année des manifestations de protestation de la communauté scientifique contre la situation de la recherche en Espagne :

  1. Une planification pluriannuelle des crédits budgétaires pour revenir à un niveau de financement public de la recherche équivalent à celui de 2009 (sans préciser dans quel délai, alors que « Carta por la Ciencia » demandait que cet effort soit réalisé au cours des trois prochains exercices budgétaires), et un alignement de la part des dépenses de l’Etat consacrée à la R&D sur la moyenne européenne.
  2. L’élimination de la règle de plafonnement du taux de remplacement des emplois publics (aujourd’hui fixée à 10%) dans le secteur de la R&D.
  3. La mise en oeuvre de l’ensemble des actions prévues annuellement dans le plan étatique pour la recherche dans le respect d’un calendrier pluriannuel de publication des appels et de sélections des projets.
  4. La création de l’Agence Etatique de la Recherche, dont la création est prévue par la Loi de la science de 2011 et annoncée de longue date par le gouvernement sans jamais avoir été mise en place.

Le chef de l’opposition socialiste espagnole, M. Alfredo Pérez Rubalcaba, ainsi que plusieurs personnalités du monde scientifique étaient présentes lors de la cérémonie de signature de cet « accord parlementaire », comme Manuel Lopez, président de la conférence des recteurs d’universités (l’équivalent de notre CPU), Jose Luis Arsuaga, anthropologue et lauréat du prix Prince des Asturies pour la recherche, ou le physicien Francisco Guinea.

On aurait cependant tort d’en conclure à un nouveau consensus national sur la recherche en Espagne. En effet, le document a été signé par tous les partis politiques présents au Congrès espagnol…sauf le parti populaire, qui dispose d’une majorité absolue sans lequel l’application des mesures citées plus haut est donc inenvisageable. Les représentants du Parti Populaire semblent s’être notamment refusés à reprendre à leur compte les deux premières, relatives à l’augmentation des budgets et la reprise des recrutements dans le système public. Ce qui laisse donc encore un espoir concernant la création ans cesse reportée de l’Agence de financement de la recherche.

Consulter le Rapport (en Espagnol)

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