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Une étude pour peu de chose, mais très utile !

Le CES (Center for Economic Studies) publie une longue étude sur l’effet sur la productivité économique, des innovations de rupture par rapport aux innovations incrémentales. Il arrive à une triple conclusion :

  1. L’essentiel de la croissance de la productivité provient des entreprises en place. avec comme définition que les sociétés en start-up sont celles qui ont moins de cinq ans !
  2. L’essentiel de la croissance de la productivité se fait par amélioration des produits existants.
  3. L’améliorations de produits par les entreprises en place  semble être plus importante que la destruction créatrice, pour l’accroissement de la productivité.

Notre analyse :

1 – Il y a un problème méthodologique de définition d’une entreprise nouvelle (ou innovante). Si on limite la durée et la qualification de société nouvelle ou innovante à des entreprises de moins de 5 ans, c’est une banalité que d’arriver à ces conclusions. Il faut allonger la « longueur » de l’innovation de rupture si l’on veut pouvoir raisonner correctement. Dans la plupart des cas, l’innovation de rupture représente un cycle d’une génération et les innovations incrémentales pendant toute cette durée sont des compléments de la rupture !

2 – Si aujourd’hui, on améliore une technologie de l’automobile avec une « économie » de 100 Euros par véhicule, cela conduit rapidement à une création de valeur de 1 Milliard d’Euros… après 100 ans d’industrie automobile. Si on fait la même chose dans les 5 premières années de l’industrie automobile, on parle en centaine de milliers d’euros, au mieux. 1% de 1.000.000.000, cela fait beaucoup plus que 1000% de 1.000 !

La combinaison de ces deux phénomènes explique d’ailleurs l’aveuglement et la confusion sur la liaison entre innovation et recherche appliquée. Lorsqu’un pays stimule sa recherche appliquée, il va donner un « coup de fouet » à sa compétitivité car il va développer des innovations incrémentales ayant un effet direct sur la compétitivité de ses entreprises … mais il n’assure pas sa maîtrise de la prochaine croissance qui nécessité de la recherche plus fondamentale et surtout une démarche économique hors des sociétés en place..

2017-CES-incrémentale:rupture

One thought on “Une étude pour peu de chose, mais très utile !

  1. La plupart des innovations rompant avec les productions habituelles sont réalisées par des créateurs. Il arrive que celles-ci soit menées dans l’entreprise (diode bleue) mais c’est souvent au prix d’un martyr pour le créateur. Pour faire le PC, qui n’est pas à proprement parler une innovation de rupture, IBM a du sortir ses ingénieurs de la maison. Alors il n’est pas étonnant que les innovations de rupture soient le fait de jeunes pousses. Maintenant il faut être un très grand économiste pour vouloir comparer les gains de productivité réalisés entre la machine à vapeur et le moteur à explosion d’un coté et ceux du verrouillage manuel des postes par rapport au verrouillage centralisé. Les analystes de l’article auront probablement plus souvent raison, même face à de très grands économistes.

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