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France Biotech ouvre-t-elle la voie d’une nouvelle Gouvernance ?

En publiant fin 2017 avec l’aide du BCG, le rapport « French Health Tech », France-Biotech engage une démarche très innovante de co-gouvernance. Il ne s’agit plus d’une simple liste de demandes, mais d’une stratégie globale fondée sur une analyse économique sectorielle.

Extraits de l’introduction :

La convergence des dernières avancées scientifiques en biologie (séquençage et édition du génome, thérapie cellulaire, biologie synthétique, anticorps monoclonaux, etc.) avec les innovations d’ingénierie et des technologies de l’information ont le potentiel de révolutionner la médecine. Un tiers des start-ups de la Deep Tech, focalisées sur l’intelligence artificielle, le Big Data, la robotique, les nanotechnologies, concernent ainsi la santé de l’homme, de la prévention aux équipements et traitements innovants, en passant par la gestion des systèmes de santé. Un nouveau monde est en train de naître.

Depuis quelques années, les entreprises françaises se sont engagées dans une course à l’innovation avec une créativité exceptionnelle dans des centaines de directions technologiques de natures très différentes, et avec le soutien des pouvoirs publics. Aujourd’hui, la French Tech est reconnue dans le monde entier, et le secteur a levé en 5 ans près de 5 milliards d’euros – un chiffre en accélération continue. Par ailleurs, la France a par le passé su créer les conditions propices au développement d’une industrie de la santé, représentant 67 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 20161. Cette filière reste donc solide, malgré une stagnation relative depuis le début des années 2010.

Dans ce contexte général, la Health Tech a le potentiel d’offrir à la France une nouvelle dynamique industrielle, mais aussi médicale et scientifique. C’est une ambition exigeante puisque, dans ce domaine, « winners take all » : il faut être dans les premiers hubs mondiaux pour exister, car les entreprises et le capital sont extrêmement mobiles. C’est aussi une ambition réaliste, puisque le pays a de nombreux atouts – parmi lesquels plusieurs entreprises comme DBV Technologies, Cellectis ou Genfit dont la croissance pourrait devenir explosive dans la prochaine décennie. Le 30 octobre 2017, la pépite française AAA2 a été rachetée par le groupe pharmaceutique suisse Novartis pour 3,3 milliards d’euros. Une preuve supplémentaire du potentiel hexagonal en matière d’innovation santé. Or, la France risque de passer à côté d’une opportunité historique de devenir un pôle mondial de cette Health Tech, et de construire un secteur d’activité qui est non seulement porteur de croissance économique et d’emploi, mais aussi de bien-être et d’amélioration de la vie. Là où des entreprises françaises ont réussi une percée symbolique en accédant au statut de « licornes » dans le numérique, la France n’a pas encore pleinement prouvé cette capacité à faire grandir et garder en France de grands leaders de la vague d’innovation Health Tech. Et rien ne dit que la dynamique qui a conduit à la création de centaines d’initiatives entrepreneuriales ne va pas se tarir si aucun pionnier ne réussit sa transformation en succès international. C’est notamment sur cette problématique que cette étude se penche, pour comprendre les raisons d’un retard français en Health Tech, et proposer un chemin pour créer une dynamique similaire à celle des entreprises de la Digital Tech. Les analyses montrent que les besoins spécifiques des biotechs et des medtechs (intensité du capital, temps de développement, hyper-expertise, transfert de technologie) sont difficilement pris en compte, à la fois en raison d’erreurs techniques mais aussi à cause d’éléments culturels français : l’application scrupuleuse du principe de précaution, l’absence de dialogue entre autorités publiques et entrepreneurs sous fond de peur d’influence, les difficultés à faire de la discrimination positive pour les PME-PMI et à concilier réussite privée et solvabilité de la dépense de santé par la collectivité, ainsi que la supériorité des ingénieurs généralistes et universalistes sur les universitaires spécialisés dans les représentations collectives. Sans véritable volonté de fixer collectivement un cap et d’adapter nos méthodes en conséquence, le risque est réel pour la France de se faire dépasser par des pays ambitieux et sérieux dans leur approche – et de perdre les bénéfices médicaux, sociaux et économiques de ce pan important du siècle de la connaissance.

Il encore temps d’agir. Ce rapport se propose donc de : 1. Partager de nouvelles analyses permettant de construire ensemble, secteurs public et privé, une ambition collective pour la Health Tech française, respectueuse de nos valeurs et nos enjeux sociétaux et économiques 2. Identifier les grands domaines pour lesquels il est stratégique de prendre des décisions favorisant le développement de l’innovation en santé 3. Proposer des mesures pour lever les freins – sachant que ces propositions ont déjà été parfois largement documentées dans des travaux plus détaillés sur lesquels nous nous appuyons. Les pistes d’amélioration ne sont pas nouvelles, et ont déjà été préconisées à plusieurs reprises. Une forte volonté politique et un vrai pilotage sont en revanche nécessaires pour revisiter de nombreuses réglementations ou pratiques, fruits d’arbitrages complexes qui s’avèrent très pénalisants pour la Health Tech, et qui ne peuvent bouger qu’avec une vision partenariale entre les entrepreneurs, ministères et autorités impliquées. Nous sommes convaincus que cette ambition partagée permettra à la France de devenir une Silicon Valley de la Health Tech, prête à relever les défis mondiaux de la santé du XXIe siècle.

France Biotech est membre du Collectif Innovation.

Télécharger le rapport 

Lien de secours pour 2017-French Health Tech

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