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Le RIO souligne le défi de la relation université-industrie en France et le danger réglementaire

35 ans après les assises nationales de la recherche organisée à l’initiative de J-P Chevènement, l’Observatoire de la recherche et l’innovation (RIO) de la Commission européenne a publié la deuxième édition des rapports nationaux RIO. qui évaluent l’évolution des systèmes de recherche et d’innovation nationaux et identifient les principaux défis.

Pour rappel, l’Observatoire de la recherche et de l’innovation, qui remplace le service ERAWATCH, est une initiative créée il y a quelques mois par la C.E. dans le but de monitorer et analyser l’évolution de la recherche et de l’innovation au niveau des pays et de l’U.E. et pour soutenir une meilleure élaboration des politiques en Europe.

Ces rapports de pays, qui couvrent les 28 États membres de l’UE, offrent une richesse de connaissances en détaillant les développements politiques dans le domaine de la R&D au niveau national, en analysant le niveau de financement public et privé pour la R&D, l’évaluation de la qualité de la base de la science et du niveau de la mise en œuvre des priorités de l’Espace européen de la recherche (EER), décrivant les conditions-cadres pour la recherche et l’innovation et les liens entre l’industrie et le milieu universitaire.

Notre Analyse : Innovation – recherche fondamentale – transfert de technologies-système sont les quatre termes qui résument le problème, car la médiocre définition de ces concepts conduit à l’utilisation d’indicateurs imparfaits et à des mesures partielles ou peu efficaces.

  1. La notion de système suppose généralement une dynamique interne quasi mécanique qui fait évoluer le système. Ce n’est pas faux, si l’on a vu que ce dynamisme provient des innovateurs-entrepreneurs et non pas d’une mécanique autonome, voire même de la science.
  2. La notion d’innovation ne doit pas être généralisée à tout ce qui est nouveau et se vend, mais strictement limitée à l’apparition de nouveaux paradigmes sociaux globalement et durablement plus efficaces que le(s) précédent(s), ce qui est à la fois plus étroit et plus étendu. Et cela donne une autre perspective au rôle de la science.
  3. Utiliser la recherche fondamentale comme indice / outil principal, voire « dynamique » de l’innovation est une erreur de perspective qui complète l’erreur systémique.
  4. Le transfert de technologies est une vision étrange d’une réalité plus complexe : on ne transfère pas des technologies développées ex-nihilo par la recherche fondamentale (sauf quelques cas comme le diesel ou le nucléaire). Le plus souvent, on enrichit une démarche opérationnelle par une vue académique. Comme ce fut le cas pour le transistor, mais aussi la machine à vapeur de Watt et bien d’autres.

Mais, au-delà de ces approximations méthodologiques, ce rapport souligne la puissance du dispositif français malgré l’existence de deux faiblesses de la France : une relation université-industrie encore défaillante et l’apparition d’une contrainte réglementaire.

Consulter le résumé exécutif du rapport

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