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L’érosion des dépenses publiques de recherche et développement alarme l’OCDE

L’Organisation de coopération et de développement économiques a publié les résultats de son rapport intitulé « Science, technologie et innovation : Perspectives de l’OCDE 2016 » dans lequel elle met en garde contre le risque que la baisse des dépenses publiques de recherche et développement fait peser sur la croissance économique.

Les dépenses de R&D de l’État et de l’enseignement supérieur dans les pays de l’OCDE ont reculé en 2014 pour la première fois depuis 1981.

Selon les auteurs du rapport, les dépenses de R&D des labos de l’État et de l’enseignement supérieur, financées pour l’essentiel sur les deniers publics, est en chute libre. A trop peu investir dans la recherche de long terme, les pays de l’OCDE risquent de s’enfermer dans une « trappe à stagnation ».

Pour la première fois depuis 1981, date à laquelle l’OCDE a débuté cette étude , les dépenses publiques de recherche et développement (R&D) dans l’OCDE ont reculé en 2014. En France, la dépense publique de R&D a baissé de 37,4% depuis 2000 en proportion de la dépense totale du gouvernement.

« La croissance économique est tributaire de l’innovation, dont le monde aura tant besoin pour résoudre les problèmes colossaux que lui réserve le XXIe siècle, du vieillissement démographique à la démence, en passant par le changement climatique et les inégalités » rappelle Andrew Wyckoff, Directeur de la Science, de la Technologie et de l’Innovation de l’OCDE avant d’ajouter « Le maintien des dépenses publiques de R-D, la science ouverte et la mobilité internationale des chercheurs sont les clés de l’innovation de demain, et de notre avenir en général ».

La dépense publique totale de R-D dans la zone OCDE a amorcé son déclin en 2009, dans le sillage de la crise financière mondiale.

Des pays comme l’Allemagne, la Corée et le Japon dépensent plus aujourd’hui qu’en 2000 dans R&D que dans d’autres postes de dépenses, elles révèlent également un certain fléchissement des efforts de R&D dans d’autres pays comme l’Espagne, les États-Unis, la Finlande, la France, l’Italie et le Royaume-Uni. La dépense publique totale de R-D dans la zone OCDE a amorcé son déclin en 2009, dans le sillage de la crise financière mondiale.

Face à cette baisse de la recherche publique, les entreprises prennent de plus en plus d’importance. Dans l’OCDE, les besoins de recherche sont en effet financés par les entreprises elles-mêmes à hauteur de 86,5 % en moyenne. En cause, l’aide publique aux entreprises qui à l’image du crédit impôt recherche en France est en augmentation depuis dix ans tandis que les restrictions budgétaires pèsent lourdement sur la recherche publique. La conséquence est que la recherche fondamentale ne représente plus que 30% des dépenses de R&D.

Les principales conclusions relevées dans le rapport sont les suivantes :

  • Plus d’un tiers de la recherche mondiale effectuée par le secteur public et les établissements d’enseignement supérieur l’est dans des économies qui n’appartiennent pas à l’OCDE. En 2014, les dépenses publiques de R-D de la Chine représentaient approximativement le double de celles du Japon. L’Inde, la Russie, le Taipei chinois, l’Iran et l’Argentine possèdent des systèmes scientifiques publics parmi les plus importants au monde.
  • Cinq pays – États-Unis, Chine, Japon, Allemagne et Inde – représentaient 59 % de la R-D publique mondiale en 2014, et 25 plus de 90 % du total. Cette prépondérance d’un petit nombre de pays s’explique en partie par leur taille. Les pays appelés à connaître une expansion rapide de leur population et de leur PIB, en Afrique par exemple, ont de bonnes chances de devenir des acteurs qui comptent dans l’avenir.
  • Organismes de bienfaisance, fondations et philanthropes apportent une contribution toujours plus importante au financement de la recherche universitaire depuis quelques années, tout particulièrement dans le domaine de la santé où ils financent souvent l’étude de maladies rares ou tropicales. Cela ne sera pas sans conséquence sur les programmes publics de recherche de demain.
  • Certains pays se sont spécialisés dans des domaines différents : ainsi la santé et la médecine se voient consacrer 24 % des dépenses publiques de R-D aux États-Unis, 22 % au Royaume-Uni et 17% au Canada, l’énergie 19 % au Mexique, 11 % au Japon et 9 % en Corée. Les priorités nationales évoluent et coïncident de plus en plus souvent avec les enjeux de société évoqués plus haut, tels le changement climatique et la démographie.

Notre analyse :

Ce rapport de l’OCDE constitue une alerte (rouge ?) pour la France car nous ralentissons plus que les autres. Il faut toutefois corriger du fait que la recherche publique était plus importante en proportion en France.

Pour réagir à l’abaissement de notre volume de recherche scientifique, nous devons à la fois utiliser plus efficacement cette recherche et surtout ne pas oublier que dans le processus d’innovation, l’idée technique est moins importante que l’innovateur qui la transforme en un objet social.

Consulter le rapport

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