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L’éternelle fin du capitalisme ?

C’est une tradition -pour ne pas dire une rengaine- que la plupart des grands auteurs ont repris : le capitalisme n’a pas d’avenir, il est condamné à mort par son avidité et ses mécanismes fondamentalement viciés.  La conclusion est quasi-unanime : le capitalisme  doit s’effondrer dans peu de temps ! Récemment des universitaires ont publié un petit brûlot : « Le capitalisme a-t-il un avenir ? » par Immanuel Wallerstein, Randall Collins et Craig Calhoun (La Découverte) qui vient compléter Marx bien sûr, mais aussi les classiques ou les réformistes comme Keynes. Même Schumpeter, pourtant le découvreur et chantre du capitalisme innovant, avait prédit la fin du capitalisme.

Nous traversons actuellement une mode qui consiste à dire qu’on constate une baisse tendancielle des gains de productivité et donc la disparition d’un  moteur fondamental de la croissance et par conséquent du capitalisme moderne..

Les éléments du débat sont repris dans un article publié par le site canadien VECTEURS, ou sur le site de Mc Kinsey. Récemment,  France stratégie a publié un rapport sur la question de la productivité.

> Nous contestons ce déclinisme économique mondial : tout d’abord, car nous ne ressentons pas ce déclin; ensuite, les mêmes auteurs soulignent les progrès « ravageurs » de productivité dus au numérique et les menaces sur l’emploi; et enfin parce que la méthodologie sommaire utilisée pour mesurer la productivité nous semble inadaptée pour l’ère du numérique. L’utilisation d’une mesure de la productivité fondé sur le PNB par heure de travail conduit à ignorer la question du partage des gains de productivité et le cas échéant, de  la valeur créée par l’innovation. Par exemple, le secteur des « serveurs » a vu son chiffre d’affaire global diminuer de plus de 10% sur 15 ans (de 60 G$ à 50 G$), tandis que la puissance des serveurs était multipliée par 1000, conformément à la Loi de Moore (2). Ces gains de productivité distribués avant même d’être produits constituent le mécanisme qui fausse le calcul. Au contraire de ce que disait Solow, l’informatique et le numérique ont réalisé et réalisent encore des progrès foudroyant qui se traduisent d’ailleurs par l’augmentation de la population, de son niveau de vie et des sa longueur de vie. Tous ces indicateurs globaux auxquels s’ajoutent dans bien des cas, la surproduction, la pollution et le gaspillage, montrent l’extraordinaire progrès de la productivité.

Néanmoins, nous voulons souligner ici la fragilité du dispositif innovant actuel qui repose essentiellement sur quelques individus qu’il faut accompagner et soutenir, dans les entreprises existantes et dans les start-ups. Il est nécessaire de soutenir la qualité et le volume des entrepreneurs innovants si l’on veut maintenir une tendance positive à l’innovation. Il faut attirer les plus brillants et les plus efficaces. Pour cela, il faut limiter le risque social pris par les entrepreneurs-innovateurs et gérer le risque financier personnel.

C’est pourquoi,  le COLLECTIF Innovation organise le 7 avril un débat (1) sur l’existence de cette baisse tendancielle ou non ?

(1) Débat sur la baisse des gains de productivité, avec Emmanuel Jessua, directeur des etudes de COE-Rexecode, Mercredi 7 mars à 8h30, à l’Hôtel de l’Industrie. Ouvert aux adhérents et sympathisants  sous réserve de possibilité. Demande à adresser par mail au Collectif Innovation.

(2) Détails dans l’article sur l’innovation déflationniste paru dans la Revue des Sciences de Gestion.

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