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L’innovation : indicateurs de positionnement international

La Coordination interministérielle de l’innovation et du transfert (C2IT) a publié un rapport dans lequel elle analyse le positionnement de la capacité d’innovation de la France dans le contexte mondial à travers une trentaine d’indicateurs. Basé sur une conception systémique de l’innovation, il permet donc de positionner la France par rapport à un référentiel de neuf pays et de comprendre les points forts et les points faibles de chacun.

Une trentaine d’indicateurs permettent ainsi de positionner la France par rapport à un référentiel de huit pays : Allemagne, Corée du Sud, États-Unis, Italie, Japon, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède. Contrairement à différents classements internationaux, il ne s’agit pas de de proposer un classement fondé sur un indicateur composite, mais de comprendre les points forts et les points faibles des différents pays. Des graphiques de synthèse fournissent néanmoins une perspective d’ensemble de la position de la France par rapport aux différents pays du référentiel.

Par exemple, la France possède trois points forts par rapport aux États-Unis et à l’Allemagne concernant les facteurs d’innovation :

  • Taux de doctorants étrangers ;
  • Taux de chercheurs employés ;
  • Intensité constante en recherche-développement privée à structure sectorielle.

Si on la compare à ces deux pays, la France est plus faible en matière de production de connaissances, d’innovation et de diffusion.

Enfin, il faut noter que ce rapport vise davantage à informer la population et à guider l’élaboration des politiques publiques en faveur de l’innovation.

Analyse :

1 – Nous n’avons pas une vue systémique de l’innovation, mais nous reconnaissons volontiers qu’une description du dispositif d’innovation et sa comparaison avec les autres pays est une base de connaissances utile. Faute de pouvoir mesurer l’innovation, il est utile de mesurer des grandeurs liées à l’innovation afin de se « faire une idée » de la position de la France et de son évolution.

D’ailleurs le rédacteur prudent n’a pas oublié d’indiquer que ces indicateurs n’étaient pas des recommandations politiques car, bien évidemment, personne ne connait la « boite noire » qui fait avancer le « système ».

2 – La notion de système fait croire à une dynamique interne du schéma proposé, sans intervention humaine, ce qui conduit à des raccourcis inexacts.

L’URSS d’une part et le PARC d’autre part, dans des univers très différents, ont montré que le savoir, même géré dans le sens d’un développement technologique innovant, n’est pas suffisant pour innover. Si l’on supprime l’idée de système et qu’on la remplace par un environnement (donc un écosystème pour un être vivant) animé par un innovateur (salarié ou entrepreneur), on arriverait à une vision plus complète.

3 – Plutôt que de faire référence à un système qui n’existe pas, nous prenons ces indicateurs comme une liste raisonnée (par les auteurs) des points-clés du dispositif français mis à la disposition des innovateurs, qu’ils soient entrepreneurs ou salariés. Il manque malheureusement des indicateurs sociologiques, économiques et financiers. L’innovation ne peut pas être réduite à une combinaison de connaissances et à la production du savoir. C’est un réductionnisme trompeur.

4 – Globalement, ce n’est pas seulement ce qui entre dans le « dispositif » qui est important, mais aussi ce qui en sort. Il faut toujours rappeler l’énorme effort de recherche de l’URSS des « années de gloire » lorsque les autorités communistes (notamment, Khrouchtchev) annonçaient le dépassement du niveau de vie des USA par l’URSS. Cet effort de recherche n’a pas suffit.

C’est d’ailleurs l’une des raisons qui font que nous préférons la notion d’écosystème de l’innovateur à celle de système car elle ne contient aucune notion de relation mécanique / automatique entre les inputs et les outputs. Il n’y a aucune « black box ».

5 – Tout ceci ramène le travail de comparaison internationale de ce rapport à peu de signification ! Car ce n’est pas le besoin en eau des plantes de la forêt tropical qui détermine celui de ces mêmes plantes en Californie !

Un peu de lecture : The Rainforest par Hwang et Horowitt.

Consulter le rapport

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