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Peut-on garder la maîtrise du progrès dans un monde qui ne croit plus en sa science ?

Une débat inattendu

Etrangement, en pleine crise du coronavirus, alors que le recours à plus de sciences et de progrès est un besoin évident, la question de la Gouvernance de l’innovation est posée dans sa globalité aux USA et en France. Mais avec des perspectives différentes.

En France, le professeur Levy-Leblond vient de publier « Le Tube à essais » chez Efferves­ciences (Seuil, 304 pages, 23 euros) dans lequel il développe l’idée d’une société sans découverte scientifique.

Aux USA, les prémices des élections de 2022 (et en réalité 2026) conduisent à élaborer un solide dossier sur la politique d’innovation; le dossier a été préparé sous la direction de Robert D. Atkinson, ancien fonctionnaire de l’OTA. L’OTA, Office of Technological Assessment a été créé en 1972 sous l’influence des Démocrates, notamment de Ted Kennedy qui en fut le Président.

Pour de mauvaises raisons comptables, l’OTA a été supprimé au milieu des années 90. Robert Atkinson, est l’actuel « patron » de l’ITIF, Think tank du parti Démocrates.
Robert D. Atkinson a raison de poser la question du contrôle politique de l’innovation. Il pose la question dans la perspective d’un contrôle politique par un organisme politique rattaché au Parlement (Les prérogatives de l’OTA ont été transférées au bureau du Président, le GAO) mais il ne pose pas la question de l’essence du progrès, ni celle du rôle de la science… et cette différence entre les approches mériterait un débat direct. Il faudrait croiser les questions et faire déboucher de nouvelles questions comme celle du maintien du « progrès ». Ce n’est pas un goût particulier de l’Humanité qui fait gagner le progrès, mais sa performance durablement supérieure, d’un point de vue économique. Schumpeter disait que l’innovation est une amélioration de la fonction de production. Et lorsque l’humanité doit choisir …. elle ne choisit pas, elle prend la solution qui s’impose, c’est-à-dire la plus économique.

On voit bien qu’il faut encore d’autres outils de Gouvernance!
Et les crises du CO2 comme les pollutions par les matières plastiques ou le contrôle de l’arme atomique nécessitent des débats nombreux, la construction d’institutions internationales de grande envergure.
Le principe de précaution comme le principe d’innovation n’ont pas encore fourni de règle opérationnelle.

P. Noailles-Siméon

Introduction du rapport Atkinson

2020-ATKINSON-A Fresh Start for OTA

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