Vous êtes ici
Accueil > Actualité > Les Programmes d’innovation des Candidats restent insuffisants

Les Programmes d’innovation des Candidats restent insuffisants

Le collectif Innovation 2017 a été créé en juin 2016 avec l’idée de développer le thème de l’innovation dans la campagne électorale 2017. Pour cela, nous avons élaboré un questionnaire adressé à chaque candidat et nous avons proposé à ces candidats d’engager un débat avec nous sur les possibilités et les besoins d’une politique d’innovation. Ce faisant, notre idée était de détecter des points communs et donc des possibilités de consensus.

À moins d’une semaine du 1er tour des élections présidentielles, les neuf candidats ont donné des réponses au questionnaire du Collectif ou sont venus débattre avec nous. A l’issu de ces débats, le collectif INNOVATION 2017 qui comprend les principaux animateurs de l’écosystème français d’innovation regrette de devoir souligner la faiblesse de la plupart des programmes « innovation » des candidats, tout en soulignant aussi l’existence des éléments de consensus qui pourraient permettre de construire une société innovante dans le futur :

La faiblesse des politiques d’innovation : l’innovation est l’un des vecteurs incontournables de sortie de crise, mais reste malheureusement un thème accessoire pour les candidats à l’élection présidentielle de 2017. Certains candidats ont une vision de l’innovation limitée au numérique, ce qui les conduit à sous-estimer l’ampleur des questions juridiques et sociales. Ils ne perçoivent pas l’importance de l’organisation de l’Etat pour accompagner de cette évolution alors même que la demande pour « plus d’Etat » est clairement exprimée par les candidats eux-mêmes.

L’un candidat a une programme cohérent sur le plan de l’innovation, avec une organisation audacieuse de l’entrepreneuriat qui reçoit la mission institutionnelle d’ouvrir la voie du progrès à toute la société; mais l’Etat n’est pas organisé en conséquence pour accompagner cette mission et la coordination nous semble insuffisante.

Les autres programmes sont beaucoup plus généralistes et l’innovation n’apparaît pas comme une préoccupation centrale. Pour certains, l’innovation n’est même pas un moyen de sortir de la crise ! Pour la plupart, le choix entre une politique d’innovation et une politique keynésienne de relance par la demande, sera probablement cornélien !

Dans ces conditions, la question du financement est négligée par la quasi-totalité et les chiffres évoquées ne sont pas à la hauteur des enjeux. Quant à la perspective européenne elle est inexistante. Or l’Europe vient de se doter d’un Conseil Européen de l’Innovation et développe d’importants programmes.

Les possibilités d’un consensus limité : Néanmoins, les réponses montrent qu’il existe un quasi-consensus sur l’existence de certaines thématiques : le crédit d’impôt recherche, l’entreprenariat, la sortie de crise, l’orientation de l’épargne vers le financement de l’innovation ou le principe de précaution sont autant de thématiques partagées par le plus grand nombre mais les directions envisagées et les moyens divergent.

Ainsi, alors qu’un consensus partiel semble se dessiner autour de l’idée de développer une « précaution » viable, et malgré les débats récents (lors du vote de la Loi Macron et à l’OPECST), on ne voit pas apparaître de solution consensuelle sur les mesures à prendre : suppression ou modification du principe actuel, mise en place d’un principe d’innovation ou élargissement des possibilités d’expérimentation. De même, il sera difficile de trouver un consensus sur le financement de l’innovation avec une double ligne de fracture sur le coût du risque et le partage de la valeur créée.

Les candidats doivent faire des propositions plus abouties dans ce domaine. Il en va de l’avenir de notre économie et de la capacité de nos entreprises, notamment les PME, à rester compétitives tout en créant des emplois !

Patrice Noailles-Siméon, Secrétariat Général du Collectif Innovation

2017-Synthese Pol Inno 2017

Laisser un commentaire

Top