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Quelques indicateurs (supposés) de l’innovation en Europe

La D.G. Recherche et Innovation de la Commission européenne a publié un rapport dans lequel elle présente une analyse des indicateurs basés sur la science, la performance de la recherche et de l’innovation dans l’Union européenne.

Le rapport intitulé « Science, Research and Innovation performance of the E.U. –  A contribution to the agenda 2016 : Open Innovation, Open Science, Open to the World« , comprend deux parties :

  1. Paysage de la recherche et de l’innovation en Europe ;
  2. Analyse approfondie des enjeux politiques en Recherche et Innovation.

Le principal message du rapport est que l’Union Européenne a besoin d’investir dans l’avenir et de renforcer sa performance dans la recherche et l’innovation.

En effet, la science, la recherche et l’innovation stimulent la croissance économique et créent des emplois de haute qualité, essentiels à la création d’un marché unique du numérique et de l’Union de l’énergie dans l’Union Européenne, tout en renforçant le rôle de l’Europe en tant qu’acteur mondial.

Selon les auteurs du rapport, l’écart de productivité entre l’Union et les États-Unis continue de se creuser. A l’intérieur de l’Union Européenne, la productivité du travail est plus faible dans une proportion de 15 %. Cet écart se creuse depuis la crise économique, en particulier pour les pays européens dont l’économie est avancée.

Le rapport fournit également une analyse détaillée de la science dans l’Union européenne, de la recherche et de la performance en matière d’innovation par rapport aux trois priorités stratégiques que sont « l’Open Innovation », « l’Open Science » et de « l’ouverture sur le monde ».

Cette situation résulte d’un sous-investissement par rapport à la recherche bien que, depuis le début de la crise, l’intensité de l’Union Européenne ait progressé à plus de 2 % du PIB. Elle découle également d’une incapacité de l’Union Européenne à réorienter son économie vers des activités axées sur le savoir. L’Union Européenne continue de se spécialiser dans des secteurs qui relèvent de la moyenne technologie, comme celui de l’automobile.

Enfin, le rapport montre que l’Union Européenne continue d’être l’un des acteurs importants dans le monde concernant la science et la technologie. Il laisse également entendre que l’Union Européenne doit dynamiser son économie et axer celle-ci sur l’innovation.

Nota :

  1. Comme toutes les statistiques sur l’innovation, on mesure des phénomènes dont la relation à l’innovation est aussi évidente que floue :
    1. Tout le monde comprend la relation entre la recherche fondamentale et le conteneur (?)
    2. Tout le monde connait aussi l’importance critique de la formation … oui, mais il est historiquement démontré que l’Angleterre du XVIII°, période de grandes innovations et de démarrage de la révolution industrielle, souffrait d’une grave déficience dans la formation.
    3. Chacun connait aussi l’énorme effort de recherche du PARC qui n’a débouché sur aucune innovation au sein de XEROX (sauf l’imprimante laser).
    4. Et, petite cerise sur le gâteau, l’URSS des années 60 avait un effort de recherche très fort … et on cherche toujours l’innovation.
  2. Pour autant, l’absence de recherche coïncide généralement avec une absence d’innovation. Ce sont donc des phénomènes cohérents qui partent probablement de la même source, mais sans liaison de conséquence claire entre eux. Tout cela est connu. Le rapport datant de 2001, de Randall Morck, Université de l’Alberta, et Bernard Yeung, Université de New York, intitulé « LES DÉTERMINANTS ÉCONOMIQUES DE L’INNOVATION » publié par « Industrie Canada » en donne une bonne synthèse. 
  3. Et pourtant, on continue avec ces indicateurs qui sont justes, mais ne permettent aucune conclusion, sauf de dire que la recherche est dynamique !
  4. Quant à l’innovation, personne ne la définit clairement et on se contente de donner des indicateurs comme le nombre d’entreprises qui innovent (sans quantifier ni valoriser).
  5. Néanmoins, ce rapport est réconfortant : l’Europe fait des efforts pour des activités qui accompagnent l’innovation : la recherche et la formation.
  6. Outre l’innovation qui reste à définir clairement, pourrait-on parler un jour de l’écosystème de l’innovateur, de la dynamique de l’entrepreneur, de la formation (au sens large) du chef d’entreprise ?
  7. Quant à la productivité apparente de l’économie, qui a longtemps été un bon indicateur de l’innovation, il faudra un jour intégrer le fait que le numérique et les « biens communs » de J. Rifkins, ne peuvent entrer dans la comptabilité nationale classique.

Gros travail que ce rapport !

Consulter le rapport de la CE intitulé Science, Research and Innovation Performance in the EU

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